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Steve E. Fortin Les bonnes intentions - Le Journal de Québec

Nous y sommes presque, ce point où le PM François Legault sera confronté aux limites du fédéralisme, aux limites des bonnes intentions.   

Tout «nationaliste» qu’il soit, François Legault ne peut pas dire que ses revendications auprès du fédéral à titre de PM du Québec sont accueillies chaudement par ses interlocuteurs fédéraux. Si les dernières semaines sont indicatrices de quelque chose, c’est que les politiciens d’Ottawa seront très prudents avant de faire quelques concessions que ce soit au Québec.   

Car il faut le dire sans gène, la situation a beaucoup changé depuis l’époque du Love-in de 1995 et une part non négligeable de citoyens canadiens en plus qu’assez des revendications du Québec.    

Dans le sens de «n’importe laquelle de ces revendications».    

Et certains politiciens fédéraux (ou provinciaux dans d’autres provinces) comptent bien faire «du millage» là-dessus. Sur l'allergie que suscite toute revendication du Québec dorénavant. Au final, sur le ressentiment anti-Québec.   

Maxime Bernier

PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

Maxime Bernier

Mettons... Maxime Bernier.   

Il n’hésite pas à promettre la ligne dure envers le Québec. Au cours des dernières heures, il a attaqué le chef conservateur Andrew Scheer à propos de sa position sur le Québec et la construction d’oléoducs.    

Scheer a bien plaidé pour la construction de pipeline au Québec, mais il est demeuré vague sur ce qu’il ferait en cas de refus par les Québécois : «On trouvera bien un terrain d’entente».    

Maxime Bernier n’a pas tardé à répliquer : «Je vais réaffirmer le pouvoir décisionnel d’Ottawa garanti par la Constitution» s’est empressé de tweeter l’ex-député conservateur.    

Une constitution que le Québec n’a jamais signée.   

Il est indéniable que les positions très conservatrices et le penchant libertarien de Bernier plaisent à nombre d’électeurs. En 5 mois, le député beauceron a récolté presque un million de dollars et a réussi à fédérer plus de 34 000 membres officiels.    

Maxime Bernier tire à boulets rouges sur le chef conservateur; et à plus forte raison en sachant très bien que toute ouverture aux revendications du Québec par son ancien parti pourrait très bien se traduire par des pertes au sein de la base conservatrice dans l’Ouest.    

«Catch 22» comme on dit. Plus Scheer se fait conciliant envers les revendications de François Legault, plus ses opposants – et surtout Bernier – ne manqueront pas de souligner que ces «concessions» sont «nocives» pour l’Ouest canadien. Surtout quand on traite de l’absence d’acceptabilité sociale au Québec concernant la construction d’oléoducs.    

Ce qui explique pourquoi le chef conservateur demeure vague à propos de ses engagements. «Un terrain d’entente à venir sur les pipelines», «plus d’autonomie pour le Québec sur la question des seuils d’immigration», sans définir ni expliquer en quoi cela consisterait.    

Le premier ministre du Manitoba Brian Pallister, emboitant le pas à celui de la Saskatchewan jadis ou de politiciens provinciaux de l’Alberta, n’a pas tardé à attaquer le PM du Québec François Legault; l’accusant de «marchandage politique» :    

«Selon M. Pallister, si Justin Trudeau est disposé à examiner les propositions du premier ministre du Québec, François Legault, cela dénote un «manque total de respect» pour le reste du Canada.»   

Justin Trudeau et François Legault

Photo d'archives, AFP

Justin Trudeau et François Legault

Pas plus de chance avec Justin Trudeau  

En, mai 2018, quand l’Assemblée nationale du Québec en était arrivée à un consensus à propos de la déclaration d’impôt unique gérée par le Québec, le PM du Canada Justin Trudeau s’était moqué de la demande du Québec : «Il y a eu unanimité à l’Assemblée nationale? Mon Dieu, ça n’arrive jamais ça!» avant de rejeter du revers de la main cette proposition.    

La semaine dernière, François Legault a bien essayé de faire valoir, à nouveau, cette revendication du Québec. De façon laconique, le chef libéral a ironisé : «le Québec peut avoir une déclaration d’impôt unique, mais ce sera celle d’Ottawa».    

Les conséquences de la fin de la «menace séparatiste»...   

On aime dire que le Québec a changé de paradigme politique au cours des dernières années; que l’axe constitutionnel a été abandonné au profit d’un axe idéologique gauche-droite.    

Une chose est certaine, la fin présumée de la «menace séparatiste» au Québec semble s’être traduite par un durcissement des positions de nombre de politiciens fédéraux ou provinciaux du ROC envers toute demande du gouvernement québécois.   

Pire, nous avons assisté au cours des derniers mois à des attaques virulentes de politiciens canadiens envers le Québec. Certains n’hésitant même pas à encourager le ressentiment anti-Québec à partir de faits tronqués ou carrément faux. À propos de l’approvisionnement en pétrole du Québec par exemple ou en présentant une vision tronquée, partiale, du calcul de la péréquation.    

Le «nationalisme» des bonnes intentions pourrait bien se révéler inefficace, voire futile, quand il se butera au fédéralisme prédateur qu’on voit poindre dans le Canada anglais, lequel est appuyé par certains politiciens du Québec...    

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