
Les gaz à effet de serre émis dans l’Ouest canadien en raison du projet de gazoduc vers le Saguenay ne seront pas comptabilisés dans l’étude environnementale du Québec, affirme le ministre Benoît Charette après avoir dit le contraire quelques heures plus tôt.
«Il faut s’entendre sur une chose. L’évaluation qui nous revient, ce sont les gaz à effet de serre émis sur le territoire québécois. Si ça a été interprété autrement, c’est mon erreur», a dit le nouveau ministre de l’Environnement mercredi à la sortie du conseil des ministres.
Celui qui a succédé à MarieChantal Chassé avait pourtant affirmé au matin que le gouvernement caquiste prendrait en compte les émissions de GES produites en amont, durant l’extraction des hydrocarbures. «Ça va faire partie de l’évaluation de l’examen environnemental», avait-il dit. Il affirmait également qu’il aurait également en tête l’échéancier de réduction des émissions de GES pour 2030 de 37,5 % sous le niveau de 1990 lors de l’analyse.
Le projet de GNL Québec nécessite des investissements de 10 milliards $ pour la construction d’un gazoduc de plus de 700 kilomètres à partir de l’Ontario jusqu’à une future usine de liquéfaction du gaz naturel au port de Grande-Anse, à Saguenay.
Les partis d’oppositions réclament une analyse globale. «On veut avoir toute l’information. Ça prend un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement unique, de l’extraction à l’exportation», a indiqué le député péquiste Sylvain Gaudreault.
Benoît Charrette estime toutefois que ce n’est pas au Québec d’évaluer des émissions de GES faites à l’extérieur de la province. «Nous, c’est en ce qui concerne le territoire québécois», a-t-il dit.
«Deux volets distincts»
Il a également décidé de faire deux analyses et de séparer le projet en deux. La CAQ veut plus d’efficacité dans les études environnementales du gouvernement, mais préfère tout de même faire deux analyses plutôt qu’une seule pour le mégaprojet de gaz naturel liquéfié au Saguenay.
M. Charette a décidé d’étudier séparément le tuyau qui transporte le gaz, et l’usine de liquéfaction. «Il y a deux volets distincts. En ayant deux études, la population aura l’occasion de faire valoir son point de vue à deux moments distincts. Ultimement, on risque d’avoir un meilleur projet avec deux études plutôt qu’une seule», a-t-il expliqué.
M. Charette reconnaît «qu’il peut y avoir un actionnariat qui est commun», mais souligne toutefois qu’il s’agit de «deux volets distincts» : le transport de gaz, et sa transformation. Difficile pourtant d’imaginer que l’un des volets pourrait être refusé, et l’autre accepté. Le ministre Charette le dit lui-même. Si le verdict du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement est négatif pour l’un des projets, «c’est le promoteur qui aura la pression pour augmenter ses mérites».
La veille, la députée caquiste de Chicoutimi et ministre des Affaires municipales, André Laforest, a défendu la décision de son gouvernement en arguant plutôt que le projet pourrait être étudié beaucoup plus rapidement en le scindant de cette façon. «Une analyse globale, c’est beaucoup plus long, a souligné Mme Laforest. Il y a beaucoup plus de particularités. Alors pour le délai de temps, on veut y aller le plus rapidement possible. C’est un projet important.»
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